En tant que timide (presque) assumée, je me suis mise en début d'année à une activité réputée thérapeutique pour nous autres, hypersensibles au regard d'autrui. Disons que l'idée, bien que très répandue, paraît assez saugrenue : est-ce que vous plongeriez un chat dans une piscine pour le guérir de sa phobie de l'eau ? Certainement pas! Et pourtant, dans le cas des timides, la thérapie de choc semble préconisée. Après 7 mois de pratique hebdomadaire, je vous fais un point sur ce que le théâtre a changé pour moi, et les idées reçues tout droit sorties de l'imaginaire collectif.

 

Ce qui a changé en positif :

> Ma voix a gagné en puissance : Fini le cliché du timide avec une petite voix de crécelle! La première chose que m'a appris le théâtre, c'est à placer ma voix. Autrement dit, utiliser son souffle et sa cage thoracique pour gagner en puissance vocale. Et ça, c'est super utile dans la vie de tous les jours!

> J'ai perdu certaines de mes inhibitions... sur la scène! : Je n'ai, enfin, plus de complexes à jouer mes rôles (bien que certains soient très, très ridicules!). Néanmoins, je n'ai pas encore eu l'occasion d'éprouver l'ampleur de ces progrès hors de la scène. Néanmoins, au sein de mon groupe, je sais que je peux me lâcher!

> J'ai une bien meilleure diction : Mon problème, avant d'être la puissance vocale, c'est surtout de parler en yaourt. C'est-à-dire que je n'articule absolument pas et que les personnes un peu dures de la feuille ne comprennent rien à mon charabia. Mais, à force de m'entraîner à hyper-articuler pour le bien du spectacle, j'ai récemment réussi à tenir une conversation avec ma grand-mère sans avoir à me répéter une seule fois!

> J'ai (un peu) moins peur du regard des autres : Grâce au regard bienfaisant de mon groupe et de ma prof, j'ai réalisé que le monde n'était pas toujours focalisé sur moi et que, même lorsqu'il l'est, ce n'est pas forcément négatif. Un bon conseil que j'ai reçu était de me demander si je me souvenais autant des erreurs des autres que des miennes. Et bien souvent, la réponse est non! Chacun est bien trop focalisé sur ses propres bêtises pour s'attarder réellement sur celles des autres.

> J'ai une meilleure mémoire : Pas de rapport avec la timidité mais... toujours bon à prendre!

4fd71cafcd82f_theatre-jacques-coeur-bourg Bon, ce genre de salle ce n'est pas pour tout de suite!

Mais...

> J'ai toujours peur de "mal faire" : Le propre du développement d'un rôle, c'est d'accepter la critique. Pas toujours facile!

> Je crois que je fais un petit complexe d'infériorité : Le truc, quand on débute à 17 ans, c'est qu'on se retrouve dans un groupe où chacun a 5, 7, 8 voire 12 ans d'expérience. Et on est forcément un peu moins bon. Dur de ne pas se voir comme le "petit pas doué au fond" !

Pour que l'expérience vous aide, je vous conseille...

> D'y aller avec un(e) ami(e) : Déjà, ça vous fera une motivation supplémentaire pour y aller, ce sera plus sympa, et vous appréhenderez moins.

> De vous y mettre vraiment : Si ça vous plaît, foncez! N'hésitez pas à répéter vos textes, travailler pour vraiment vous amuser!

> Si vous n'aimez pas, lâchez : L'essentiel c'est d'avoir tenté! Vous gaveriez-vous de chou-fleur jusqu'à la fin de votre vie, alors que vous n'aimez pas ? Pas de culpabilité, la prochaine activité sera la bonne!

 

Voilà, en définitive, mon expérience est plutôt positive et m'a aidé à alléger ma timidité (elle ne part pas complètement, faut pas rêver!). A suivre, un article sur le yoga que je pratique depuis 3 ans ; Le Yoga, réels bienfaits ou gros effet de mode ?